✍ Mon ange, ma lumière

Je me souviens encore de la première fois que je t’ai rencontré. Tu étais souriant dès le matin et c’est sans doute ce que j’ai aimé chez toi. Tu étais assis sur ta chaise habituelle, derrière un bureau habituel, tes yeux fixaient le grand tableau noir qui nous ferait face durant toute l’année scolaire. Je venais de fêter mes dix huit ans et je n’avais encore aucune idée de comment tu allais changé ma vie.

Je t’ai regardé parce que mes yeux fixaient tout le monde. J’étais nouvelle comme la plupart des autres personnes présentes. J’étais timide et seule. Je t’ai vu sourire et je me suis demandé comment te dire bonjour comme si cela était la chose la plus difficile au monde. Ca l’était sans doute, dans un un certain sens. Saluer une personne n’est pas toujours une façon d’être courtois, c’est aussi une façon de se présenter à l’autre et lui communiquer notre envie de faire connaissance. Bonjour, ce n’est pas un terme si facile à prononcer.

Je suis partie après quatre jours vers d’autres horizons. J’ai rencontré d’autres personnes, franchis d’autres couloirs, croisés le regard d’autres. Je suis partie, mais ton sourire est resté gravé dans ma mémoire. Je ne pensais pas te revoir et cela ne m’attristais pas. On s’est dit bonjour par courtoisie, jamais par sympathie.

L’année suivante, le destin a voulu te remettre sur mon chemin. Nous nous sommes retrouvés dans ce même bâtiment, fixant un tableau noir dans une salle différente, mais si proche. Nous n’étions pas ensemble, mais nos regards se sont de nouveaux accrochés. La magie a fait le reste, nos voix se sont mêlées. Tu ne te souvenais pas de m’avoir déjà rencontré. Je ne t’ai jamais oublié. Nous nous sommes trouvés des points communs, de la musique rock à l’écriture, nous étions faits pour nous entendre. Ce fut le cas. Du moins, je le crois. Nous sommes devenus ce que j’aime appelé des « amis ». Pourtant, l’étions-nous réellement ?

Une autre année s’est écoulée. Ma dernière dans ce grand bâtiment dont nous partagions des parcelles d’espace. Des rencontres, j’en ai fait des dizaines dont celle que j’aurais pu nommé « meilleure amie ». Ses paroles, je les buvais. Devant mes yeux, une pendule, elle tenait. J’étais comme hypnotisée. J’ai changé. Elle m’a faite changé. Je suis devenue une personne que j’ai détesté. Et je me suis éloignée de ta présence sans jamais regretter cette absence. Je ne t’ai pas laissé quitté ma route, je t’y ai éjecté. Nous étions amis. L’étions-nous réellement ? Ton sourire est resté ancré. M’as-tu oublié ?

Les vacances d’été sont arrivées. Pour moi, les études sont terminées. Je ne te reverrai jamais à l’intersection d’un couloir. Je ne verrai plus ton sourire. Peut-être le destin voudra-t-il s’entremêler encore une fois ?

J’ai appris que mes nouveaux amis ne l’étaient pas réellement. La pendule s’est arrêtée et l’hypnose s’est envolée. Les paroles, dès avalées, je les recrachais. Je suis redevenue moi-même, celle que j’aimais être. Trop tard. Il était trop tard. J’ai été trahie. J’ai perdu le seul ami qui connaissait réellement la valeur du mot amitié. Ami ? Nous ne l’étions peut-être pas réellement, mais tu as donné du sens à ce mot.

Tu avais écris un livre l’année précédente. Une courte nouvelle que j’aurais tant aimé te demander une dédicace. Des tes fins doigts, tu aurais tenu ce stylo qui aura marqué à jamais une page blanche qui ne serait plus jamais vierge. J’aurais revenu ton sourire, heureux de cette demande. Mais je n’ai jamais osé et je ne sais pas pourquoi. Peut-être considérais-je cette demande hypocrite. Nous n’étions plus rien l’un pour l’autre. L’avons-nous été un jour ? Un éloignement nous a été imposé, mais je n’ai jamais rien fait pour m’y opposé.

J’ai été influencée par une idiote qui ne connait aucunes valeurs fondamentales de la vie : l’amour, l’amitié, la sincérité.

Tu es devenu un ange. L’étoile au côté de lune. Tu brilles de milles feux. Tu es là haut, là où je ne suis pas. Te reverrais-je un jour ? Le destin nous remettra-t-il sur le même chemin ?

Pardonne-moi de ne pas avoir été là comme j’aurais dû l’être. Pardonne-moi de n’avoir jamais pu te dire qu’à mes yeux, tu étais un héro.

• Ce texte est adressé à mon ami qui a récemment rejoint les étoiles.

May we meet again.

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