💋 Chapitre 3

Chapitre 3

La nuit Ă©tait tombĂ©e depuis plusieurs heures. Le ciel Ă©tait sombre, parsemĂ© de quelques Ă©toiles Ă  peine visibles. La ville n’était pas plongĂ©e dans l’obscuritĂ©. Les bĂątiments illuminaient la ville de milles lumiĂšres, masquant une source naturelle de lumiĂšre provenant de la pleine lune. San Diego Ă©tait presque aussi illuminĂ©e que pouvait l’ĂȘtre New-York en soirĂ©e.

L’avion rĂ©alisa une escale avant de reprendre son envol vers une plus petite ville situĂ©e Ă  quelques kilomĂštres de San Diego. Silver Lake. NommĂ©e de cette façon due Ă  son immense lac cachĂ© au milieu des bois.

L’avion se posa doucement Ă  destination, tard dans la nuit. Les passagers rĂ©cupĂšrent leurs valises Ă  l’intĂ©rieur de l’aĂ©roport. La plupart d’entre eux Ă©taient des touristes qui venaient visiter la petite ville, d’autres rendaient visite Ă  leurs proches, d’autres encore rentraient chez eux aprĂšs une trop longue absence.

Un jeune homme qui n’avait certainement pas atteint sa majoritĂ© quitta l’aĂ©roport. Il trainait son lourd chariot contenant plusieurs grosses valises. Il hĂ©la un taxi d’un signe de main. A cette heure-ci, aucuns ne restaient sur place pour accueillir les voyageurs. Pas dans une petite ville comme Silver Lake. Les plus chanceux en interpellait un, les autres devaient patienter ou tĂ©lĂ©phoner Ă  la compagnie des vĂ©hicules jaunes.

Le chauffeur rangea les bagages dans le coffre pendant que le jeune homme s’installait sur le siĂšge arriĂšre du cĂŽtĂ© droit du vĂ©hicule.

— Votre destination ? demanda le chauffeur en s’installant derriùre le volant.

— Hîtel Tower 23

— L’hîtel ?

Le chauffeur ne pu masquer son Ă©tonnement.

— C’est parti, dit-il en dĂ©marrant.

Il fallu une vingtaine de minutes avant que le jeune homme n’arrive Ă  destination. Le voyage s’était dĂ©roulĂ© en un silence presque pesant. Il paya le chauffeur avant de rĂ©cupĂ©rer ses valises. Il les entraĂźna Ă  l’intĂ©rieur en deux voyages avant de se positionner devant la rĂ©ception.

L’hĂŽtel Ă©tait trĂšs petit, mais pas miteux. Il ne possĂ©dait que 23 chambres. La plupart y venait uniquement lorsqu’ils avaient besoin d’un toit pour une ou deux nuits.

Le jeune homme appuya sur la sonnette d’accueil. Trois « dring » plus tard, un rĂ©ceptionniste arriva, vĂȘtu d’une chemise bleu marine et d’un pantalon classique noir. Il semblait avoir Ă©tĂ© sorti de sa sieste, ce qui n’étonna pas le client au vu de l’heure qu’affichait le cadran de l’horloge au-dessus de la rĂ©ception.

— Il vous reste des chambres ? demanda-t-il.

— Il ne me reste que la 23ùme.

— Parfait.

Le réceptionniste observa les valises derriÚre le nouvel arrivant. Il poussa un soupir bruyant tout en levant les yeux au plafond.

— Je vais devoir appeler le concierge pour monter vos valises. Vous en avez


Il compta rapidement sur ses doigts.

— Cinq valises. Vous voyagez lĂ©ger, blagua-t-il.

— J’emmĂ©nage, rectifia le jeune homme.

Le jeune homme dĂ©glutit sans un mot. Il appela le concierge qui ne gĂȘna pas pour rĂąler devant le client d’avoir Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©e Ă  cette heure tardive.

— Ne faites pas attention, c’est un vieux grincheux.

Le rĂ©ceptionniste adressa un clin d’Ɠil avant de s’éclipser Ă  l’arriĂšre de l’hĂŽtel, certainement trĂšs impatient de pouvoir continuer sa sieste.

Le jeune client rĂ©cupĂ©ra la clĂ© de sa chambre posĂ©e sur la rĂ©ception avant de suivre le concierge. Ce dernier posait les lourdes valises sur un chariot qu’il monta grĂące Ă  l’escalier plat – sans marches – ce qui facilitait la montĂ©e des bagages dans cet hĂŽtel sans ascenseur.

ArrivĂ© dans sa chambre, le jeune client remercia rapidement le concierge avant de se laisser lourdement tomber sur le lit. Il grimaça en sentant l’impact du matelas trop dur contre son dos. Il avait cette mauvaise sensation d’avoir subit un plat lors d’un plongeon en piscine. Il glissa ses vĂȘtements Ă  ses pieds avant de se glisser sous les couvertures et de tomber endormi en quelques minutes.

Les paupiĂšres du jeune client s’ouvrirent doucement, chatouillĂ©e par les rayons du soleil qui filtrait par la fenĂȘtre dont il n’avait pas tirĂ© les Ă©pais rideaux. Il poussa un soupir de dĂ©sespoir avant de regarder l’heure qu’affichait son tĂ©lĂ©phone portable. Sept heures et quart ainsi qu’un appel manquĂ©.

Il fronça les sourcils avant d’apercevoir que ce n’était qu’un appel de sa mĂšre. Il lui envoya un rapide message pour lui annoncer son arrivĂ©e et sa prĂ©sence Ă  l’hĂŽtel.

Le jeune homme se leva pĂ©niblement. Il s’habilla rapidement avant d’appeler le concierge afin qu’il lui redescende ses valises. Celui-ci n’était pas le mĂȘme que la vieille et semblait bien plus sympathique. Il rĂ©gla sa nuit Ă  une rĂ©ceptionniste aux cheveux grisonnants avant de s’installer sur le canapĂ© de l’accueil qui servait aux personnes qui attendaient quelqu’un. Il regarda la tĂ©lĂ©vision allumĂ©e sur les informations. Il n’écoutait que d’une oreille, attendant patiemment que sa mĂšre vienne le chercher afin de le ramener dans la demeure familiale.

Sa mĂšre, Jennifer, travaillait Ă  l’hĂŽpital en tant qu’infirmiĂšre, ce qui ne lui permettait pas d’avoir des horaires fixes. C’est pourquoi il ne lui avait pas demandĂ© de venir le chercher directement Ă  l’aĂ©roport la nuit derniĂšre.

Quant Ă  son pĂšre, il ne le connaissait pas. Jennifer lui avait simplement dit qu’il Ă©tait alcoolique et qu’il les avait quittĂ©s quelques mois aprĂšs sa naissance. Il ne l’avais vu qu’en photographie et n’avait jamais cherchĂ© Ă  prendre contact avec lui.

— 
 Les corps du couple froidement assassinĂ© l’an passĂ© ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s dans le lac par un promeneur.

Le jeune homme releva ses yeux vers l’écran de la tĂ©lĂ©vision oĂč les photographies des victimes s’étaient affichĂ©es. Il dĂ©glutit difficilement en apercevant les noms : John Sampson – Melissa Gray.

Il les connaissait. John avait Ă©tĂ© comme le pĂšre qu’il n’avait jamais connu et Melissa Ă©tait comme une seconde mĂšre.

Le jeune homme se perdit dans ses pensĂ©es lorsqu’un petit toussotement derriĂšre son dos ne l’interpelle. Il se retourna et croisa le regard de sa mĂšre. Ses traits Ă©taient tirĂ©s de fatigue, encore habillĂ©e en tenue de travail. Le jeune homme se leva brusquement, cognant lĂ©gĂšrement la table basse. Il serra sa mĂšre dans ses bras.

— Ca fait longtemps, sourit-elle doucement.

— Tu m’as tellement manquĂ©, lui rĂ©pondit son fils.

— Toi aussi, mon cƓur.

Elle desserra Ă  contre cƓur l’étreinte.

— Tu as fait bon voyage ?

Son regard se tourna vers le chariot rempli de valises.

— Je vais le faire, rassura-t-il en attrapant le chariot. Et oui, mon voyage s’est bien passĂ©.

Le jeune homme tira le chariot jusqu’à la voiture de sa mĂšre. C’était une petite voiture grise d’occasion. Jennifer n’avait pas Ă©normĂ©ment de moyens financiers. Son travail lui permettait tout juste de payer ses factures Ă  la fin du mois.

Son regard se porta sur son fils tandis qu’il rangeait les valises dans le coffre ainsi que sur le siùge arriùre, manquant de place.

— Tu as grandi, fit-elle remarquer.

Elle se mit sur la pointe des pieds afin d’effleurer les cheveux de son fils d’une main. Celui-ci esquissa un faible sourire avant de serrer une nouvelle fois sa mùre dans ses bras.

— Je t’aime maman, tu le sais ?

— Evidemment. Et je t’aime aussi. Je t’aimerai toujours quoique tu fasses.

Le jeune homme se dĂ©tacha de sa mĂšre afin de l’observer. Ses yeux se remplirent de larmes que Jennifer lui essuya rapidement.

— Je vais conduire. Tu es fatigue, lui dit-il.

Jennifer ne ronchonna pas. Elle Ă©tait extĂ©nuĂ©e. Cela faisait plusieurs nuits qu’elle Ă©tait de garde et elle manquait terriblement de sommeil. Le retour de son fils unique lui procurait un bonheur et une force indestructible. Deux Ă©lĂ©ments qui lui manquaient beaucoup ces derniers temps.

— Tu as vu les informations ? demanda Jennifer.

Le jeune homme tourna la clé dans le contact.

— Lesquelles ?

— Celles sur les Sampson.

Jennifer baissa les yeux pendant que la voiture quittait le parking rĂ©servĂ© Ă  l’hĂŽtel. Un silence s’installa durant plusieurs minutes jusqu’à ce que la voiture soit engagĂ©e sur l’autoroute. Jennifer pensa Ă  Melissa Gray. Elles Ă©taient amies toutes les deux et sa disparition fut trĂšs difficile. Elle savait Ă©galement que John Ă©tait comme un pĂšre pour son fils.

— Oui, je les ai vues


Le jeune homme poussa un lĂ©ger soupir. Il semblait neveux, ce qu’il fit ressentir au vĂ©hicule en donnant des rapides coups d’accĂ©lĂ©rateur. Jennifer l’observa un instant. Le jeune homme regardait son rĂ©troviseur gauche durant une fraction de seconde, Ă©vitant le regard pesant de sa mĂšre qui se concentra de nouveau sur l’horizon. Elle lu le numĂ©ro de plaque de la voiture qui les prĂ©cĂ©dait sans rĂ©ellement savoir pourquoi. Un gain de temps, sans doute. Son fils avait le regard fermĂ©, mais des Ă©motions inĂ©vitables transperçaient le bleu de ses yeux.

Jennifer pensa Ă  la fille des dĂ©funts. Son regard se porta de nouveau vers son fils qui quittait l’autoroute.

— Est-ce que tu vas lui rendre visite ? demanda-t-elle.

Jennifer croisa briĂšvement le regard de son fils. Ses yeux s’humidifiĂšrent durant une fraction de seconde avant qu’il ne cligne ses paupiĂšres, sĂ©chant son dĂ©but de larmes par la mĂȘme occasion.

— Je ne sais pas, rĂ©pondit-il dans un murmure presque inaudible.

→ Épisode suivant

Publicités

4 réflexions sur “💋 Chapitre 3

  1. histoirescecile13 dit :

    Ton histoire devient de plus en plus intĂ©ressante avec l’arrivĂ©e de ce nouveau personnage ! Ce jeune homme aura sans doute des sentiments pour notre hĂ©roĂŻne. J’adore la description des paysages. L’intrigue de ton histoire est prenante. J’ai toujours aimĂ© les thrillers. Ça y ressemble un peu. Vivement la suite ! MERCI ALESSANDRA ! Gros gros bisous ♄

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icÎne pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte WordPress.com. DĂ©connexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte Twitter. DĂ©connexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte Facebook. DĂ©connexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte Google+. DĂ©connexion / Changer )

Connexion Ă  %s