💋 Chapitre 4

Chapitre 4

— Hanna ?

La jeune fille n’entendit pas tout de suite les appels de sa tante, Emma. Elle avait calĂ© ses Ă©couteurs dans ses oreilles. Diverses chansons dĂ©filaient dans ses oreilles qui lui offraient l’inspiration pour ses Ă©crits qu’elle ne possĂ©dait plus depuis presque un an, depuis le dĂ©cĂšs de ses parents.

Hanna n’écrivait plus que des dĂ©buts de phrases ou des fins sans dĂ©veloppement. Des mots par-ci, par-lĂ . Rien de concret, rien d’entier. La musique ne l’aidait plus Ă  manquer ce vide qui s’était logĂ© au plus profond de son cƓur.

Incapable d’affronter le monde extĂ©rieur, Hanna regardait la vie s’agiter dehors sans rĂ©aliser qu’elle laissait la sienne lui Ă©chapper.

Emma comprit que sa niĂšce s’était de nouveau enfermĂ©e dans sa bulle musicale. Dans ses moments-lĂ , elle avait l’habitude de lui envoyer un message sur son tĂ©lĂ©phone portable. Elle dĂ©testait entrer dans sa chambre si elle n’avait pas l’autorisation de le faire.

Hanna aperçu l’écran de son tĂ©lĂ©phone portable s’allumer. Elle aperçu le prĂ©nom de sa tante s’afficher sur l’écran, ce qui la poussa Ă  Ă©teindre sa musique. Elle rangea ses Ă©couteurs avant d’attraper son tĂ©lĂ©phone.

— DĂ©solĂ©e, je


— Non, je sais. Ne t’excuse pas, coupa Emma en esquissant un sourire.

Emma observa la tenue que portait sa niùce : un bas de training et un crop-top rouge bien trop large pour elle. Le genre de tenue que l’on porte lorsqu’on est malade et qu’on traine à la maison ou, au mieux, lorsqu’on fait du sport.

— Tu devrais te changer car nous sortons.

Emma lui adressa un sourire malicieux alors que Hanna lui rĂ©pondit par un discret soupir. L’adolescente n’avait pas envie de sortir aujourd’hui. Elle ne souhaitait que profiter de son samedi pour effectuer toutes les tĂąches qu’elle devait accomplir : rien du tout.

— On sort oĂč ? Que je sache de quelle façon je suis censĂ©e m’habiller


— Confortablement. Mais quelque chose de prĂ©sentable.

Emma avait rajoutĂ© cette seconde phrase avant que Hanna ne puisse lui rĂ©torquer que sa tenue actuelle Ă©tait confortable. Bien qu’elle le soit, elle Ă©tait loin d’ĂȘtre prĂ©sentable pour le lieu dans lequel Emma avait prĂ©vu de se rendre.

L’adolescente remonta rapidement dans sa chambre. Elle passa, comme chaque jour, devant la porte restĂ©e close depuis presque une annĂ©e complĂšte. Elle dĂ©glutit avec difficultĂ© avant de secouer la tĂȘte si vite que cela lui fit mal. Hanna attrapa un simple jeans avec un t-shirt avant de redescendre dans le salon oĂč elle trouva Emma, une veste en jeans dĂ©jĂ  sur ses Ă©paules.

— On va oĂč ? demanda l’adolescente.

Hanna avait beaucoup changĂ© au cours de cette derniĂšre annĂ©e Ă©coulĂ©e. Autrefois, elle s’habillait de façon fĂ©minine avec de jolies robes, des petites vestes cintrĂ©es, de jolies bottines. DĂ©sormais, elle ne portait plus que des jeans, des t-shirt extrĂȘmement simplistes ainsi que des baskets qu’elle pourrait utiliser pour faire du sport.

— Que dis-tu d’une sĂ©ance de shopping, d’un bon film et de popcorn sucrĂ©, d’une sĂ©ance de massage et d’une bonne glace comme tu les aimes avec des pĂ©pites de chocolat ?

L’adolescente hocha simplement la tĂȘte. Elle savait Ă  quel point sa tante se donnait du mal pour l’aider Ă  remonter la pente. Rien n’y faisait. Rien ne pourrait jamais combler l’absence de ses parents. Ni celle dont elle avait rĂ©ellement besoin pour surmonter cette terrible Ă©preuve. Elle cligna des yeux afin d’éviter de pleurer en pensant Ă  cette derniĂšre personne. Encore une personne absente Ă  sa vie. Hanna ne souhaitait plus qu’une chose : Ă©crire. Mais mĂȘme sa passion semblait lui avoir Ă©tĂ© arrachĂ©e.

L’enterrement tardif de ses parents Ă©tait un Ă©vĂ©nement rĂ©cent. Les corps avaient Ă©tĂ© retrouvĂ©s par un promeneur le lundi prĂ©cĂ©dent. Hanna organisa l’enterrement au jeudi, dĂšs que la police scientifique lui permit de rĂ©cupĂ©rer les corps qu’elle gardait sous un simple drap d’un blanc souillĂ© Ă  l’intĂ©rieur de boites mĂ©talliques froides.

Hanna se rappelait encore lorsque la voiture de police s’était arrĂȘtĂ©e devant la maison. La derniĂšre lueur d’espoir disparu entiĂšrement de son cƓur. Elle avait comprit avant mĂȘme que le policier ne sonne Ă  la porte d’entrĂ©e, avant mĂȘme que la porte ne s’ouvre, avant mĂȘme qu’il puisse prononcer le moindre mot. Elle avait comprit dĂšs que les lumiĂšres rouges et bleues avaient traversĂ©s les rideaux de son salon.

Emma entraĂźna sa niĂšce jusqu’au centre commercial de la ville. Elles passĂšrent une agrĂ©able aprĂšs-midi entre filles Ă  faire du shopping dans de nombreuses boutiques. Emma lui paya plusieurs nouvelles tenues afin que Hanna puisse redevenir physiquement celle qu’elle Ă©tait auparavant. Le bien-ĂȘtre commençait par l’apparence.

— Alors ? Tu as perdu ta journĂ©e ou pas ? demanda Emma lorsqu’elle dĂ©posa les grands sacs d’achats dans l’entrĂ©e de l’habitation.

— Non, affirma Hanna avec un lĂ©ger sourire. J’ai passĂ© une trĂšs belle aprĂšs-midi. Merci pour tout ce que tu fais pour moi.

— C’est normal, Hanna. Tu es ma niĂšce. Je serai toujours prĂ©sente pour toi.

Hanna enlaça sa tante dans ses frĂȘles bras avant d’attraper ses sacs d’achats. Elle grimpa quatre Ă  quatre les marches des escaliers. Sans un coup d’Ɠil Ă  la porte d’en face, elle pĂ©nĂ©tra dans sa chambre. Elle rangea ses achats avec un faible sourire. Elle retrouvait de jolies robes, robes, pantalons fĂ©minins. Elle retrouvait celle qu’elle Ă©tait autrefois. Du moins, de façon physique. Le bien-ĂȘtre passe rĂ©ellement par l’apparence que l’on dĂ©gage.

Le week-end se termina rapidement. Bien plus rapidement que souhaitĂ© par la jeune adolescente. Ce lundi Ă©tait le dernier du mois de septembre. Hanna avait enfilĂ© l’une de ses nouvelles tenues. Une jolie robe de couleur pastel avec de jolies bottines claires. Emma lui avait proposĂ© de s’occuper de ses cheveux, ce qu’elle accepta. Elle se retrouva avec de jolies boucles qui tombaient parfaitement sur son dos.

L’adolescente quitta ensuite la maison pour rejoindre le lycĂ©e. Elle retrouva Riley prĂšs de son casier. La blonde se dĂ©battait avec ses cheveux, ce qui fit doucement rire Hanna.

— Salut, s’exclama-t-elle derriùre son dos.

— Bon sang, Hanna ! Tu m’as fait peur.

Riley se retourna brusquement en claquant la portiĂšre de son casier. Elle Ă©carquilla les yeux lorsqu’elle aperçu l’apparence de sa meilleure amie.

— J’en connais une qui a Ă©tĂ© faire du shopping.

— Une idĂ©e de ma tante, expliqua Hanna.

— Ca te va bien.

— Je te remercie.

— On a cours de chimie ensemble, grimaça Riley.

— Tu n’es pas contente d’avoir cours avec moi ? se fñcha faussement Hanna.

L’adolescente s’appuya sur les casiers. Elle croisa ses bras sur sa poitrine et fit une petite moue boudeuse. Riley Ă©clata de rire face Ă  l’attitude de son amie.

— Bien sĂ»r que si ! affirma Riley en resserrant sa queue de cheval.

Riley attrapa le bras de sa meilleure amie afin de l’entraĂźner vers la salle de cours. Elles passĂšrent devant le secrĂ©tariat oĂč la blonde remarqua un garçon qui semblait nouveau.

— Qui c’est ? Un nouveau ? demanda-t-elle en ralentissant la cadence.

Hanna ne regarda pas Ă  l’intĂ©rieur du secrĂ©tariat. Elle ignora mĂȘme la question de son amie lorsqu’elle croisa le regard d’Ethan Howke qui s’approchait d’un pas dĂ©terminĂ© vers sa direction.

— Hanna, je voulais


— Non, stoppa-t-elle. Ce que tu veux me dire ne m’intĂ©resse pas.

— Je voulais simplement m’excuser, continua-t-il tout de mĂȘme. J’ai agit comme un crĂ©tin.

— C’est le moins que tu puisses dire.

— Je suis vraiment dĂ©solĂ©. Je sais que cela ne changera pas l’opinion que tu as de moi, ni celle de tout le monde. Je voulais simplement que tu le saches. On apprend de ses erreurs, pas vrai ?

— Ok, excuses acceptĂ©es.

Hanna lui tendit une main qu’Ethan serra non sans surprise. Il la salua avant de s’éclipser.

— J’ai mal entendu, n’est-ce pas ? questionna Riley.

— Ethan est un crĂ©tin. Mais il a quand mĂȘme eu le courage de venir me prĂ©senter des excuses. De toute façon, ça ne m’intĂ©resse pas de rester fĂącher contre lui. J’ai besoin d’avancer. Tu n’es pas d’accord ?

Riley hocha simplement la tĂȘte avant de poursuivre leur chemin vers la salle de cours.

Durant ce mĂȘme temps, au secrĂ©tariat du lycĂ©e, un jeune garçon Ă©tait installĂ© sur le siĂšge de couleur grise face au bureau de madame Miriam Blake, une grande femme aux cheveux platines dont ses yeux bleus perçants observait l’adolescent assis face Ă  elle.

— Vous avez conscience que les cours ont dĂ©butĂ© il y a trois semaines ? interrogea Miriam en remontant ses lunettes sur son nez.

— Je ne suis pas en avance mais
 comme vous pouvez le lire dans mon dossier, je me trouvais dans une Ă©cole privĂ©e. Les coĂ»ts Ă©taient bien trop Ă©normes pour les moyens financiers de ma mĂšre. Elle m’élĂšve seule, n’a qu’un travail d’infirmiĂšre qui lui permet Ă  peine de relier les deux bouts Ă  chaque fin de mois. On pensait pouvoir me laisser dans cette Ă©cole privĂ©e, mais cela Ă©tait impossible. J’ai prĂ©fĂ©rĂ© revenir ici.

Miriam Blake scruta longuement le jeune adolescent. Elle plissa son regard perçant vers le dossier oĂč Ă©tait inscrit le nom de l’école privĂ©e qu’il venait de mentionner : Constantine High School de Boston. Miriam poussa un discret soupir avant de relever son regard vers celui de l’adolscent.

— TrĂšs bien. Remplissez ces documents. Je vais vous prĂ©parer un emploi du temps. Cela serait prĂ©fĂ©rable que vous commenciez vos cours dĂšs la prochaine heure afin de ne pas accumulez davantage de retard.

Miriam l’aperçu acquiescer en silence. Elle lui tendit un stylo ainsi qu’un document que l’adolescent complĂ©ta rapidement. Il apposa sa signature sur plusieurs feuilles avant d’organiser son emploi du temps Ă  l’aide de la secrĂ©taire.

— C’est bon. Tout est en ordre. Rendez-vous en cours, lui dit-elle.

L’adolescent la remercia rapidement avant de quitter le bureau du secrĂ©tariat, son emploi du temps entre les mains. Il se dirigea vers le couloir des casiers oĂč il ne trouva personne puisque tous les autres Ă©lĂšves se trouvaient en cours. Il trouva son casier qu’il ouvrit rapidement. Il accrocha son emploi du temps Ă  la porte aprĂšs l’avoir pris en photo afin de l’avoir toujours en tĂȘte. Sa mĂšre s’occuperait de lui acheter les diffĂ©rents livres qui lui seront utiles durant son annĂ©e.

Il se dirigea vers la sortie du bĂątiment. Aujourd’hui n’était pas une bonne journĂ©e pour revenir en cours comme si de rien n’était. Il n’avait aucunement l’intention de revoir certaines anciennes connaissances de cette façon.

C’était sans compter sur la sonnerie qui rĂ©sonna dans tout le lycĂ©e et les dizaines d’élĂšves qui quittaient rapidement les salles de cours. Il se retrouva prisonnier en plein milieu de la foule d’élĂšves. Il reconnu plusieurs visages familiers, d’autres lui Ă©taient totalement inconnus. Certains souvenirs remontĂšrent Ă  la surface.

Il se rappela de cette aprĂšs-midi pluvieuse et orageuse d’un dĂ©but d’hiver. L’équipe de basket-ball du lycĂ©e jouait l’un de ses matches important et dĂ©terminant pour l’avenir des joueurs qui souhaitaient intĂ©grĂ©s une universitĂ© sportive.

Le gymnase Ă©tait bondĂ© de monde : Ă©tudiants, parents, professeurs
 Tous Ă©taient prĂ©sents pour supporter l’équipe lycĂ©enne face Ă  un adversaire de taille.

— On joue notre avenir, les gars, avait dit Dean Crane, le capitaine de l’équipe Ă  cette Ă©poque.

Toute l’équipe avait poussĂ© ce cri de victoire puis s’était tapĂ© dans les mains. Leurs regards Ă©taient dĂ©terminĂ©s lorsqu’ils entrĂšrent sur le terrain, acclamĂ©s par le public.

Ce match-lĂ , il ne jouait pas. Il Ă©tait le plus jeune de l’équipe avec l’un de ses camarades. Il n’entrait pas dans les critĂšres d’intĂ©gration d’une universitĂ©, du moins pas encore. MalgrĂ© sa dĂ©ception flagrante sur son visage, il encourageait du mieux qu’il le pouvait ses coĂ©quipiers. Il Ă©tait assis sur le banc des remplaçants, le torse penchĂ© en avant, retenus par ses coudes sur ses genoux. Il regardait chaque mouvement avec la grande attention lorsqu’il sentit une petite tape sur son Ă©paule.

Il s’était retournĂ© en sursautant lĂ©gĂšrement avant de croiser un regard encourageant d’un homme prĂ©sent dans le public. Il avait croisĂ© le regard de John Sampson et, instinctivement, un sourire avait illuminĂ© son visage.

— Ca va ? lui avait-il demandĂ©.

— J’aurais voulu jouer. Je suis sĂ»re que je peux leur ĂȘtre utile, mais
 et puis, regarde
 John Ross, lĂ -bas


Il dĂ©signa l’un des joueurs sur le terrain.

— Ce n’est pas le meilleur joueur, avait fait remarquer John.

L’adolescent avait acquiescĂ© en silence. Plusieurs minutes s’étaient Ă©coulĂ©es avant que le coach n’effectue son premier changement du match.

— Ross ! Tu sors ! avait-il beuglĂ©.

DĂ©sormais, l’équipe de basket-ball du lycĂ©e avait changĂ©. Dean Crane Ă©tait parti Ă  l’universitĂ© et faisait Ă©normĂ©ment parler de lui dans tout le pays. Il avait Ă©tĂ© comme un grand frĂšre, un mentor pour l’adolescent dĂ©sormais ĂągĂ© de dix-sept ans. Il n’était pas restĂ© en contact avec son mentor de deux annĂ©es son aĂźnĂ©. Le seul joueur qui Ă©tait toujours prĂ©sent dans l’équipe Ă©tait Ryan Scott. Il avait remplacĂ© Dean au poste de capitaine et s’était constituĂ© une toute nouvelle Ă©quipe pour cette derniĂšre annĂ©e lycĂ©enne. Il Ă©tait le parfait clichĂ© des lycĂ©es amĂ©ricains. Capitaine de l’équipe de basket-ball, beau garçon, en couple avec la capitaine des cheerleaders, Brooke Barnes.

Ryan Scott se trouvait dans le couloir. Tout le monde pouvait entendre son rire bruyant alors qu’il s’amusait Ă  effectuer des passes du ballon orange aux nouvelles tĂȘtes de l’équipe.

L’adolescent l’observa un moment sans ce que celui-ci ne l’aperçoive. Il aperçu Ryan s’appuyer contre son casier avant d’embrasser sa petite amie avec fougue. Certains gloussĂšrent autour d’eux comme s’ils Ă©taient encore des adolescents de quatorze ans qui Ă©changeaient leur premier baiser.

Il resta un moment au milieu de la foule, observant tous les changements qui avaient eu lieu durant son absence lorsqu’il entendit une voix fĂ©minine l’apostropher.

— Theo ?

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3 réflexions sur “💋 Chapitre 4

  1. histoirescecile13 dit :

    J’ai bien aimĂ© lire la suite. Tu dĂ©cris bien le lycĂ©e. La tante d’Hanna a un cĂŽtĂ© psychologue qui me plaĂźt bien. J’ai hĂąte de connaĂźtre ce qui va se passer sur les retrouvailles avec ce jeune homme ! Merci encore Alessandra ♄ gros bisous.

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