💋 Chapitre 9

Chapitre 9

— Vous n’avez pas cours ?

La voix glaciale de son professeur d’anglais fit sortir Theo de ses pensĂ©es. L’adolescent hocha briĂšvement la tĂȘte avant de rĂ©cupĂ©rer son sac de cours et sa veste. Il quitta la classe alors que son professeur claqua la porte derriĂšre son. Theo s’immobilisa devant le local fermĂ©. Il chercha Hanna du regard parmi tous les Ă©lĂšves. Il finit par l’apercevoir accompagnĂ©e de Jana et de Riley qui semblaient la rĂ©confortĂ©e.

— Salut ! l’apostropha une voix fĂ©minine.

Theo dĂ©tourna son regard de Hanna Ă  contrecƓur. Il croisa Sara Donovan qui lui adressait un sourire gĂȘnĂ©. Elle ne portait plus sa tenue de cheerleaders et semblait ĂȘtre seule.

— Oh, salut ! rĂ©pondit-il en esquissant un faible sourire.

— Je m’appelle Sara, se prĂ©senta-t-elle.

— Je sais. Enfin, Ryan me l’avait dit.

— Et tu es ? questionna-t-elle en plaçant une mĂšche de ses cheveux lisses derriĂšre son Ă©paule.

— Theo.

— Je suis ravie de te rencontrer, Theo.

L’adolescent se contenta de lui rĂ©pondre par un lĂ©ger sourire. Il regarda furtivement par-dessus sa propre Ă©paule afin de repĂ©rer Hanna, mais elle et ses amies avaient dĂ©jĂ  disparu.

— Tu as cours d’anglais ? demanda Sara en dĂ©signant le local derriĂšre Theo.

— Oh ! Euh, non. J’en sors.

Theo s’avança de quelques mùtres suivi de prùs par la cheerleaders.

— J’ai cours d’espagnol maintenant, lui dit Sara.

— Avec Madame Martinez ? questionna Theo.

— Oui, toi aussi ?

— Oui, rĂ©pondit simplement l’adolescent.

— Super ! s’enthousiasma la petite brune. Tu veux qu’on y aille ensemble ou tu as quelque chose à faire ?

Theo l’observa se basculĂ© d’un pied Ă  l’autre. Elle semblait nerveuse en attendant sa rĂ©action. Ses joues avaient pris une teinte rose et elle semblait s’ĂȘtre mordue la langue.

— Pourquoi pas, dit-il en souriant.

Il lui esquissa un sourire un peu plus chaleureux que les prĂ©cĂ©dents afin de la rassurer. Ce sourire sembla pourtant l’avoir rendue davantage nerveuse.

— Je ne t’avais jamais vu au lycĂ©e, lança-t-elle alors qu’ils se rendaient Ă  leur prochain cours.

— C’est parce que je suis arrivĂ©e en dĂ©but de semaine et que je n’ai repris les cours qu’hier, expliqua Theo.

— Tu es nouveau en ville ? s’intĂ©ressa la brune.

— Non, pas vraiment. Je suis juste parti 1 an du cĂŽtĂ© de Boston.

— Et pourquoi es-tu revenu ?

— Ma mĂšre me manquait, dit-il en haussant doucement les Ă©paules.

Sara semblait ĂȘtre attendrie par ses paroles. Theo passa nerveusement une main sur sa nuque devant la rĂ©action de la cheerleaders. Ils se retrouvĂšrent devant la porte de la salle de cours. Theo lui dĂ©signa l’entrĂ©e d’un mouvement de menton afin qu’elle pĂ©nĂštre le local avant lui. Ils s’installĂšrent tous les deux sur des bancs adjacents au fond de la classe.

Le cours ne commençait que dans quelques minutes, ce qui laissa le temps Ă  Sara de demander Ă  Theo d’échanger son numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone avec elle. L’adolescent accepta sans grand enthousiasme malgrĂ© le sourire qu’il lui adressa. Sara semblait gentille et assez timide. Il s’en voulait de penser cela mais il avait quelque peu pitiĂ© d’elle. Non pas qu’elle lui fasse ressentir de la pitiĂ© mais il imaginait facilement qu’elle n’ait pas Ă©normĂ©ment d’amis. Il se demanda mĂȘme un instant comment avait-elle pu intĂ©grer l’équipe de cheerleaders alors qu’elle Ă©tait trĂšs diffĂ©rente du reste de la bande. A moins que Sara prĂ©tende ĂȘtre diffĂ©rente face Ă  lui ? Ou Ă  cause de lui ? Parfois, certaines personnes nous intimident et nous font perdre tous nos moyens.

— Hola ! Rangez-moi vos portables ! Vous n’ĂȘtes qu’une gĂ©nĂ©ration ultra-connectĂ©e, ce n’est pas croyable !

Certains Ă©lĂšves gloussĂšrent en entendant la voix grave de leur professeur.

— Et asseyez-vous correctement ! Un banc, c’est un banc ! Un radiateur, c’est un radiateur ! Et une chaise est une chaise ! rajouta Nora Martinez en s’installant sur le bureau du professeur.

— Madame, un banc est un banc, fit remarquer un Ă©lĂšve en dĂ©signant le bureau sur lequel elle venait de s’installer.

— Et un professeur peut faire tout ce qu’il veut. Un Ă©lĂšve, non ! renchĂ©rit-t-elle en souriant de toutes ses dents.

La classe entiĂšre Ă©clata de rire. Seul Theo Ă©tait restĂ© de marbre. Ses pensĂ©es Ă©taient de nouveau concentrĂ©es sur Hanna. Il pouvait encore ressentir la sensation de sa peau contre la sienne, son regard qui l’avait percĂ© et dĂ©truit en une fraction de seconde, sans parler de ses mots tranchants et si juste. Theo Ă©clata d’un rire Ă©touffĂ©.

— Je croyais quoi ? songea-t-il. Qu’elle allait me pardonner en un claquement de doigt ? Avec des excuses bidonnes et sans dĂ©veloppements ?

Theo secoua la tĂȘte de gauche Ă  droite. Il sortit de sous son t-shirt une chaine en argent et fit glisser le pendentif entre ses doigts, le regard perdu dans le vide. Les souvenirs liĂ©s Ă  cette chaine remontĂšrent Ă  la surface.

Theo Ă©tait enfermĂ© dans sa chambre depuis plusieurs heures lorsqu’il entendit la voix de sa mĂšre l’appeler depuis le bas des escaliers.

— Oui ? cria-t-il sans bouger de son lit.

— Tu veux bien descendre ? demanda Jennifer.

Theo s’était levĂ© pĂ©niblement puis avait rejoint sa mĂšre dans le salon. Plus il s’avançait, plus il remarquait que sa mĂšre n’était pas seule. Un sourire avait illuminĂ© son visage.

— Oncle James ! s’était-il exclamĂ© en croisant le regard de l’individu.

— Comment tu vas ? avait-il demandĂ© en lui donnant une tape dans la main.

— Super ! avait affirmĂ© Theo. Mais qu’est-ce que tu fais ici ?

— Je suis venu rendre visite Ă  mon neveu, bien sĂ»r ! Quelle question ! Et puis, je suis aussi venu t’offrir un cadeau.

— Un cadeau ?

— Un peu en avance, mais tu fĂȘtes bientĂŽt
 tes six ans dĂ©jĂ  !

— Ouais ! Je suis un grand ! avait fiĂšrement rĂ©torquĂ© Theo en bombant son torse.

James avait Ă©clatĂ© d’un rire cristallin avant de se retourner pour attraper un emballage cadeau de forme carrĂ© qu’il avait prĂ©alablement posĂ© sur la table basse. Il tendit le cadeau Ă  son neveu qui l’avait attrapĂ© avec vivacitĂ©. Theo avait dĂ©chirĂ© le papier en un rapide geste et y dĂ©couvrit une boite qu’il ouvrit rapidement. La boite contenait un ballon de basket-ball. Theo avait relevĂ© ses yeux vers ceux de son oncle.

— Ca te plait ? lui avait-il demandĂ©.

— Je ne sais pas jouĂ© au basket, s’était attristĂ© l’enfant.

— C’est aussi la raison de ma prĂ©sence. Je vais t’apprendre, avait-il assurĂ©.

— Ca veut dire que tu vas rester longtemps ?

— Oui. Je resterai jusqu’à ce que tu deviennes aussi
 non ! Jusqu’à ce que tu deviennes meilleur que LeBron James. Mais pas aussi bon que moi, avait plaisantĂ© James.

—        Tu as fait du basket ? s’était Ă©tonnĂ© Theo en faisant rebondir le ballon sur le carrelage du salon.

— J’étais mĂȘme plutĂŽt bon ! Malheureusement, j’ai dĂ» arrĂȘter Ă  cause d’une grosse blessure, avait-il grimacĂ©.

— Theo, pas Ă  l’intĂ©rieur le ballon ! avait grondĂ© sa mĂšre alors qu’il faisait de nouveau rebondir le ballon au sol.

— Allez, viens. Je vais t’emmener au parc oĂč on s’entraĂźna tous les jours !

James avait attrapĂ© la petite main de son neveu. Ils s’étaient rendus jusqu’au parc alors que Theo tenait fermement le ballon contre son torse. Theo avait repĂ©rĂ© le panier de basket de loin. C’était un panier pour les enfants. Un pour adulte existait un peu plus loin. James avait apprit durant plusieurs semaines, par un rythme d’un entraĂźnement quotidien, Ă  jouer au basket Ă  son neveu. Theo Ă©tait un garçon qui apprenait vite et il avait rapidement comprit que ce sport Ă©tait celui qu’il lui fallait.

— J’ai quelque chose pour toi, lui avait dit James.

Ils se trouvaient sur le terrain de basket pour l’entraĂźnement quotidien. Theo avait relevĂ© ses yeux vers son oncle, mais n’avait pas cessĂ© de faire rebondir le ballon sur le macadam. Ses yeux s’étaient posĂ©s sur les Ă©paisses mains de son oncle qui tenaient fermement une chaine en argent. James avait attrapĂ© les petites mains de Theo et lui plaça la chaine entre celles-ci. Le pendentif reprĂ©sentait le chiffre vingt-trois.

— C’était mon numĂ©ro lorsque je jouais, avait expliquĂ© James d’un ton nostalgique.

James avait rĂ©cupĂ©rĂ© la chaine pour l’enfiler autour du cou de son neveu.

— Elle est à toi si tu l’acceptes ?

Theo avait simplement acquiescĂ© d’un geste de tĂȘte puis s’était remis Ă  faire rebondir son ballon. Il marquait paniers sur paniers jusqu’à ce qu’il entende un bruit sourd derriĂšre son dos. Theo s’était retournĂ© et avait aperçu son oncle se tenir la poitrine alors qu’il venait de tombĂ© Ă  genoux sur le terrain. Le jeune enfant qui avait fĂȘtĂ© ses six ans depuis peu avait relĂąchĂ© son ballon qui roula un peu plus loin. Theo s’était mis Ă  crier trĂšs fort afin que quelqu’un aide son oncle. Plusieurs personnes entendirent la dĂ©tresse de l’enfant et avaient appelĂ© une ambulance. Jamais avait fait une crise cardiaque et, malgrĂ© les efforts des ambulanciers, il s’était Ă©teint avant d’arriver Ă  l’hĂŽpital.

Theo sortit de ses pensĂ©es lorsqu’il sentit le regard de Sara se posĂ© sur lui. Il tourna doucement son visage vers la jeune fille qui avait un sourire radieux dessinĂ© sur son doux visage.

— Qu’est-ce qu’il y a ? questionna-t-il.

— On doit se mettre par deux pour un exercice


Sara avait baissĂ© le regard vers le pendentif que tenait l’adolescent. Theo le rangea rapidement sous son t-shirt avant de se tourner de nouveau vers la cheerleaders.

— Tu veux qu’on travaille ensemble ? demanda-t-il d’un ton davantage affirmatif qu’interrogatif.

Sara hocha positivement la tĂȘte alors que leur professeure distribuait un texte pour le duo fraĂźchement formĂ©.

Hanna scrutait les aiguilles de l’horloge avec grande attention. Elle Ă©coutait les tic-tacs incessants, mais n’arrivait Ă  peine Ă  percevoir les aiguilles bougĂ©es. Elle avait cette sensation de temps figĂ©, ce qu’elle semblait souvent ressentir ces derniers temps.

Elle tenait fermement un stylo dans sa main droite qu’elle s’amusait Ă  faire glisser entre ses doigts jusqu’à ce qu’il lui Ă©chappe et qu’il ne s’écrase bruyamment contre son banc. Hanna baissa les yeux vers son carnet ouvert oĂč le stylo avait tĂąchĂ© en tombant.

— Tu Ă©cris quoi ? lui demanda Allison en s’installant face Ă  elle.

Allison déposa le plateau de la cantine sur la table.

— Rien, avoua Hanna.

L’adolescente rangea rapidement son carnet ainsi que son stylo dans son sac. Elle attrapa son visage entre les paumes de ses mains et retenu son visage grñce à ses coudes qu’elle apposa sur la table.

— Et tu ne manges pas ? interrogea Allison en dĂ©signant le plateau encore rempli de son amie.

Hanna ne rĂ©pondit pas. Elle attrapa son sandwich et mĂącha une premiĂšre bouchĂ©e avant de reposer le reste sur son plateau. Elle n’avait pas Ă©normĂ©ment faim. Les deux amies dĂ©jeunĂšrent presque en silence. Seule Allison Ă©mettait de temps en temps une remarque Ă  laquelle Hanna rĂ©pondait briĂšvement. Elle Ă©tait dans perdue dans le brouillon de ses pensĂ©es.

Les deux amies se rendirent ensuite jusqu’au gymnase et franchirent les vestiaires des filles afin de s’enfiler leurs tenues de sport.

— Le sport aprĂšs manger, c’est gĂ©nial ! affirmait Allison en enfilant son t-shirt de sport.

— Comme ça tu culpabilises moins de t’ĂȘtre engouffrĂ© d’un dessert, rajouta Hanna en riant ironiquement.

— Exactement !

Allison affichait un grand sourire. Elle ferma la fermeture Ă©clair de son sac de sport qu’elle rangea dans un compartiment avant de s’asseoir sur le banc aux cĂŽtĂ©s de Hanna qui terminait de lacer ses baskets.

— J’ai parlĂ© avec Theo, avoua soudainement Hanna.

— Vous avez parlĂ© de quoi ?

— Pas de grand-chose.

Hanna se leva et attacha ses cheveux en une queue de cheval mal faites. Elle grimaça en apercevant une tĂąche rouge sur son visage qui n’était autre qu’un dĂ©but d’un bouton qu’elle devrait rapidement faire partir.

— C’est-à-dire ?

Hanna ne rĂ©pondit pas tout de suite. Elle rangea son sac de sport dans le compartiment conçu Ă  cet effet puis quitta le vestiaire pour rejoindre le gymnase. Elle s’installa sur un gradin suivie de prĂšs par Allison qui attendait sa rĂ©ponse avec une impatience dissimulĂ©e. Hanna attendait davantage l’arrivĂ©e de leur professeur qu’Allison aimait comparĂ©e Ă  Miranda Priestly dans le film « Le diable s’habille en Prada. »

— Regarde ! Elle a les mĂȘmes cheveux gris, le mĂȘme regard, avait justifiĂ© Allison lors d’un cours de sport oĂč elles courraient autour du gymnase.

Madame Jenkins porta son sifflet à ses fines lÚvres et poussa un profond souffle. Le bruit désagréable retentit dans tout le gymnase, arrachant des grimaces aux élÚves.

— ArrĂȘtez de bavarder ! Courrez ! beuglait-elle.

— Tu parles, je trouve qu’elle ressemble Ă  un sergent moi ! J’ai l’impression qu’on est Ă  l’armĂ©e, avait grimacĂ© Hanna.

— Chef ! oui, chef ! avait murmurĂ© Allison en Ă©touffant un rire entre ses mains.

Hanna ne rĂ©pondit toujours pas Ă  l’interrogation d’Allison qui ne rĂ©pĂ©ta pas sa question. Elle repensa Ă  la scĂšne de son matin. Les images dĂ©filaient devant ses yeux, encore et encore. Elle effleura la main que Theo lui avait dĂ©licatement attrapĂ©e. Hanna pouvait encore sentir la sensation de son toucher. L’adolescente frissonna doucement lorsqu’elle se rappela du souffle chaud dans sa nuque pendant les deux heures de cours, et son regard intense qui l’observait alors qu’elle lui tournait le dos.

Hanna frissonna une nouvelle fois au moment oĂč elle entendit les rires bruyants de l’équipe de basket entrĂ© dans le gymnase en faisant rebondir le ballon sur le parquet synthĂ©tique.

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5 réflexions sur “💋 Chapitre 9

  1. histoirescecile13 dit :

    J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir Ă  lire ce chapitre trĂšs bien dĂ©taillĂ©. On ressent bien que les deux hĂ©ros s’aiment encore, et ce, juste Ă  peine s’ĂȘtre retrouvĂ©s. C’est vraiment beau le cĂŽtĂ© fusionnel qu’ils ont tous les deux. Je t’avoue que cela fait plaisir Ă  voir. J’ai vraiment hĂąte qu’ils aient tous deux une franche discussion ensemble. J’adore leurs personnalitĂ©s. Je trouve qu’ils se ressemblent beaucoup tous les deux. Ils sont faits l’un pour l’autre. Bravo encore ma chĂšre Alessandra ! J’aime beaucoup la tournure de ton histoire….Elle est fraĂźche et passionnante ! gros gros bisous Ă  toi.

    Aimé par 1 personne

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