💋 Chapitre 20

Chapitre 20

Hanna Ă©tait restĂ©e silencieuse durant de longues minutes. Sa respiration se faisait de plus en plus haletante Ă  chaque secondes Ă©coulĂ©es. Elle avait la sensation de suffoquer Ă  l’intĂ©rieur de cet espace clos de l’intĂ©rieur de la voiture de Theo. Sans un mot, elle quitta le vĂ©hicule et s’adossa contre la portiĂšre qu’elle referma derriĂšre elle. Elle entendit Theo sortir Ă  son tour de la voiture et se placer Ă  ses cĂŽtĂ©s.

Theo se mordilla la lĂšvre infĂ©rieure tout en observant Hanna. Il ne savait pas comment il devait rĂ©agir. Est-ce qu’il devait lui dire quelque chose, lui laisser du temps ? Hanna tourna doucement son regard vers lui alors qu’il lui lançait un regard Ă  la fois inquiet et Ă  la fois nerveux.

— Je t’aime aussi, Theo.

Ils restĂšrent un long moment face Ă  face sans prononcer le moindre mot supplĂ©mentaire. Hanna lui avait dit qu’elle l’aimait, mais elle avait rajoutĂ© que cela la faisait souffrir. Cette fois, elle ne rajouta rien qui pouvait dĂ©truire Theo. Pourtant, il sentait que ce « je t’aime » cachait toujours autant de tristesse. Theo ne pouvait se blĂąmer que lui-mĂȘme pour cela.

Il s’apprĂȘta Ă  la questionner sur leur relation lorsqu’il fut interrompu par le bruit d’un moteur s’approchant d’eux, les Ă©blouissant de grands phares.

— DĂ©solĂ©e, je suis en retard !

Theo reconnu la voix d’Emma qui avait ouvert le carreau. Elle regarda briĂšvement Theo avant de voir sa niĂšce monter rapidement dans le vĂ©hicule sans lui adresser un dernier regard.

— On se voit lundi, bredouilla-t-elle à son adresse.

Emma dĂ©marra en silence. Elle attendit d’avoir parcouru quelques mĂštres avant de se tourner vers sa niĂšce qui avait collĂ© son front au carreau.

— J’ai l’impression que depuis le retour de Theo, tu vas de plus en plus mal.

Emma lui confessa cette impression d’un ton calme malgrĂ© une pointe d’agacement qui faisait trembler sa voix.

— C’est faux.

— Pourquoi tu sembles si triste ?

— Parce que je veux aller voir mon frùre.

Hanna releva les yeux vers sa tante qui poussa un profond soupir.

— Tu es sĂ»re ?

— Non, avoua Hanna. J’ai essayĂ© d’entrĂ© dans sa chambre et j’ai fait une crise de panique. Alors, je n’ai aucune idĂ©e de comment je vais rĂ©agir si je revois son corps branchĂ© Ă  toutes ces machines.

— Alors, n’y va pas.

— Mais, poursuivit Hanna. Je pense qu’il est temps que l’on prenne une dĂ©cision.

— Tu veux dĂ©brancher Alexis ? s’étonna brusquement Emma.

— Ca fait plus d’un an, Emma
 Tu te souviens de ce qu’on dit les mĂ©decins ?

Emma hocha positivement la tĂȘte. Elle se rappelait des paroles du mĂ©decin comme s’il les avait prononcĂ©es hier.

— Si Alexis ne se rĂ©veille pas rapidement, les chances qu’il survive se feront de plus en plus rares. Et s’il se rĂ©veille, il risque fortement d’avoir des sĂ©quelles
 avait-il dit.

Emma ferma briĂšvement les paupiĂšres avant que ses larmes ne coulent.

— Je t’ai toujours dit que tu serais celle qui prendrait la dĂ©cision finale, mĂȘme si j’en suis la tutrice lĂ©gale. Je te trouve suffisamment mature pour prendre cette dĂ©cision. Mais ne crois-pas qu’elle se fera Ă  la lĂ©gĂšre. Je l’accepterai telle qu’elle soit, mais je te demande simplement d’y rĂ©flĂ©chir longuement. Il n’y aura pas de retours en arriĂšre.

— Merci, souffla simplement l’adolescente.

Emma hocha la tĂȘte sans prononcer un seul mot supplĂ©mentaire. Ses yeux restĂšrent rivĂ©s vers la longue route alors que ses pensĂ©es dĂ©viaient vers Alexis. Elle se souvenait du jour oĂč sa sƓur lui avait annoncĂ© sa grossesse. Elle se rappelait du grand sourire qui arrivait Ă  ses oreilles et qui avait rendu ses yeux bleus brillants de joie.

— Et tu veux un garçon ou une fille ? avait questionnĂ© Emma.

Melissa lui avait servit un cafĂ© avant de s’installer sur la chaise qui lui faisait face.

— Peu importe, avait-elle sourit.

— Et John ? Il est dĂ©jĂ  au courant ?

— Oui, mais nous n’avons encore rien dit à Hanna.

— Pourquoi ?

Emma s’était Ă©tonnĂ©e alors qu’elle portait la tasse blanche Ă  ses lĂšvres et ingurgitait le liquide chaud.

— Parce que j’ai peur qu’elle pense qu’il y aura trop d’annĂ©es de diffĂ©rence entre elle et le bĂ©bĂ©, avait grimaça Melissa.

— On a douze ans de diffĂ©rence et nous sommes trĂšs proches.

— On n’a pas vraiment eu le choix puisque nos parents n’étaient pas extrĂȘmement prĂ©sents.

— C’est vrai que les choses sont diffĂ©rentes et incomparables, avait avouĂ© Emma. Mais je suis sĂ»re que Hanna sera extrĂȘmement heureuse d’avoir un petit frĂšre ou une petite sƓur.

— Je l’espùre.

Emma stoppa le vĂ©hicule dans l’allĂ©e faite de graviers devant la maison qui appartenait autrefois Ă  sa sƓur. Elle y avait emmĂ©nagĂ© pour s’occuper de Hanna qui avait refusĂ© de quitter la maison de son enfance malgrĂ© les souvenirs qui devenaient douloureux suite au dĂ©cĂšs de ses parents et le coma de son frĂšre.

Hanna lui avait rapidement souhaitĂ© bonne nuit puis s’était enfermĂ©e dans sa chambre. Elle ne savait pas vraiment ce que sa niĂšce ressentait Ă  cet instant prĂ©cis et cela lui faisait peur. Elle avait peur de ne pas ĂȘtre Ă  la hauteur, de ne pas pouvoir l’aider comme sa sƓur l’avait aidĂ© lorsqu’elles Ă©taient enfants.

Le week-end avait semblĂ© durer une Ă©ternitĂ© pour Theo. Sa mĂšre passait ses journĂ©es Ă  l’hĂŽpital et lui dĂ©mĂ©nageait leurs cartons dans leur nouvel appartement. Theo Ă©tait habituĂ© aux absences rĂ©pĂ©tĂ©es de sa mĂšre, surtout qu’il savait que c’était pour une bonne cause. De plus, lui-mĂȘme l’avait laissĂ©e seule durant une annĂ©e complĂšte.

Mais durant ce week-end, il avait particuliĂšrement d’elle et de ses conseils. Il voulait lui parler de Hanna, de leurs « je t’aime » Ă©changĂ©s et de la relation qu’il espĂ©rait Ă©voluĂ©e positivement. Il avait besoin d’un point de vue fĂ©minin sur la question. Au lieu de cela, il se retrouva Ă  parler tout seul en s’adressant aux cartons, comme s’il s’attendait qu’une bouche se dessine et qu’elle se mette Ă  parler et Ă  le conseiller.

Theo avait le cƓur lourd lorsqu’il passa les grandes portes d’entrĂ©e du lycĂ©e. Les couloirs grouillaient toujours autant de monde. Il croisa son coĂ©quipier Caleb Sullivan embrassĂ© Riley. Sara Donovan passa prĂšs de lui, mais ils n’échangĂšrent pas un seul regard. Il croisa Ă©galement la longue chevelure rousse de Jana qui discutait avec les Ă©tudiants du journal du lycĂ©e.

— Theo !

L’adolescent se retourna presque en sursaut. Il aperçu Allison se diriger vers lui avec un grand sourire sur son visage.

— Salut, lui rĂ©pondit-il simplement.

— Tu vas bien ?

Les deux adolescents marchĂšrent entre les Ă©tudiants.

— Ca va, mentit-il. Et toi ?

— Ca va, rĂ©pondit-elle avant de marquer une pause durant quelques instants. On a cours ensemble, n’est-ce pas ? Ou je me suis trompĂ©e en regardant l’emploi du temps ?

— LittĂ©rature, affirma-t-il.

Allison observa Theo sans cesser de sourire. Elle l’avait toujours beaucoup apprĂ©ciĂ©, contrairement Ă  Riley qui ne cessait de relater sa jalousie envers la relation qu’il entretenait avec Hanna. Quant Ă  Jana, elle n’avait jamais eu d’avis particulier sur l’adolescent, mais ils n’avaient jamais eu une grande affinitĂ©.

Hanna Ă©tait beaucoup moins proche d’Allison par rapport aux deux autres filles, mais Allison Ă©tait celle qui s’entendait le mieux avec Theo. Ils faisaient Ă©normĂ©ment de sorties tous les trois avant son dĂ©part prĂ©cipitĂ©.

— Tu sais, Theo. Je n’avais pas encore eu l’occasion de te le dire, mais je suis trùs contente que tu sois revenu.

— Merci, sourit-il. Je suis content de te revoir.

— J’espùre ! plaisanta-t-elle.

Les deux amis s’installĂšrent au fond de la classe de cours de littĂ©rature oĂč ils attendaient leur professeur. Allison pensa Ă  Hanna qui souhaitait changer de classe pour rejoindre ce cours donnĂ© par son professeur prĂ©fĂ©rĂ© : monsieur Branson.

— Tu as eu des nouvelles de Hanna ce week-end ? demanda Theo.

— Non, pourquoi ?

Theo ne rĂ©pondit pas. Il observa la jeune adolescente qui venait d’entrĂ© dans la salle de cours. Celle-ci le remarqua et lui adressa un large sourire avant de se diriger vers lui et de s’installer sur un banc voisin.

— Hanna ? s’étonna Allison en apercevant son amie s’installer.

— J’ai rĂ©ussi Ă  changer de classe ! s’enjoua-t-elle en posant son livre sur le banc.

— Je pensais justement à toi qui devais subir Madame Thorne, ria Allison.

— C’est fini ! Je vais enfin pouvoir un vrai cours de littĂ©rature.

Les deux amies Ă©mirent un lĂ©ger rire interrompu par l’arrivĂ©e de leur professeur. Celui-ci referma la porte derriĂšre lui alors que la plupart des filles le regardaient avec des yeux en cƓur.

Hanna ricana intĂ©rieurement en lançant un coup d’Ɠil Ă  Theo. Elle se rappela Ă  quel point la vue de ces filles « amoureuses » de leur « beau et parfait » professeur les faisait rire Ă  chaque fin de cours. Elle se rappela de comment Theo les imitait sur les temps de midi, provoquant de crampes au ventre de Hanna.

Allison observa ses deux amis se lancĂ©s un regard complice. Un sourire se dessina sur son visage enfantin. Leur relation semblait ĂȘtre positive. Il n’y avait pas de regard assassin, ni de larmes, ni de cris. Hanna avait rĂ©ussi Ă  tourner la page tout en gardant la personne qu’elle aimait le plus : Theo. Ils Ă©taient des amis extrĂȘmement proche, et malgrĂ© toute la douleur qu’il aura pu lui procurer, Hanna avait dĂ©cidĂ© de lui laisser une chance de retrouver leur amitiĂ©. Car une rĂ©elle amitiĂ© surpasse toutes les Ă©preuves de la vie, mĂȘme celle d’un dĂ©part inexpliquĂ©.

La raison du dĂ©part de Theo intriguait d’ailleurs Ă©normĂ©ment Allison, mais elle se refusait de demander des explications Ă  son ami. Son dĂ©part l’avait aussi affectĂ©, mais son retour la combla d’une joie si immense qu’elle en oublia le passĂ©. Elle aussi avait besoin de se tourner vers l’avenir.

— Les gars, commença leur professeur de son habituel langage familier. Je vais vous demander un travail un petit peu particulier


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3 réflexions sur “💋 Chapitre 20

  1. histoirescecile13 dit :

    Coucou Alessandra ♄. Ce chapitre Ă©tait une fois de plus un rĂ©gal. C’est triste pour le petit frĂšre d’Hanna. Je pense que le choix sera de toute façon trĂšs douloureux. Mais je fais confiance Ă  notre hĂ©roĂŻne. Il est vrai que si jamais celui çi avait des sĂ©quelles en se rĂ©veillant, elle ne le supporterait pas et c’est tout Ă  fait comprĂ©hensible. Toujours envie de connaĂźtre autant la suite. Je t’embrasse bien fort. Gros bisous Alessandra ♄ et belle soirĂ©e.

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