💋 Chapitre 39

Chapitre 39

Hanna le scruta longuement, les yeux plissés, avant qu’un sourire illumine doucement son visage.

— En quoi je peux t’aider, Greg ? questionna-t-elle poliment.

— Je suis nouveau en ville et tu m’as l’air sympathique. Ca doit te paraître bizarre, mais j’aimerais faire de nouvelles rencontres, visiter la ville…

— Pourquoi pas. Mais je t’avoue ne pas avoir beaucoup de temps pour faire visiter la ville à quelqu’un. Je ne pense pas que je te serais donc d’une grande utilité.

— Ce n’est pas grave ! affirma-t-il. Mais on peut toujours échanger nos numéros de téléphone au cas où je serais perdu et que j’aurais besoin d’être repéré ?

Greg émit un léger rire en sortant un téléphone portable d’un vieux modèle. Il ouvrit le clapet et tendit l’appareil de couleur grise à l’adolescente. Hanna enregistra son numéro de téléphone puis Greg la salua et s’éclipsa.

Hanna marcha jusqu’à la plage. Le soleil allait bientôt se coucher. Elle avait besoin de se vider la tête après les événements survenus avec Theo. Hanna ne savait pas si elle pouvait résumer cela en une « dispute ». Elle était d’ordinaire douée avec les mots, mais pas dans cette situation.

Hanna enleva ses baskets afin de marcher sur le sable chaud, enfonçant ses orteils vernis de rose dans la chaleur des graines dorées. Elle aperçu certains couples profiter des derniers rayons du soleil, d’autres riaient en éclaboussant l’eau de l’océan.

Hanna s’installa au bord de l’eau sur un long rocher qui lui brûla la plante des pieds avant qu’ils n’effleurent le liquide transparent éclairé par le soleil couchant. L’adolescente observa l’horizon où des oiseaux voletaient dans le ciel. Elle aurait aimé écrire quelque chose dans son carnet, mais aucuns mots ne lui traversaient l’esprit. Hanna ne pensait qu’au moment de son passé. Elle se rappelait des journées passées sur cette plage au sable fin avec ses parents, avec Riley, même avec Theo.

Hanna songea longuement à ses parents en passant son index sur les veines de son poignet. Elle n’avait jamais réussi à comprendre pourquoi les braqueurs les avaient tués et avaient jetés leurs corps au loin. Pourquoi était l’unique mot qui hantait ses pensées à l’heure actuelle.

Des larmes salées s’écrasèrent contre ses lèvres. Elle observait le soleil disparaître devant ses yeux et pensa à quel point cette vue était la plus belle au monde. Elle avait l’impression d’être le témoin à la fois de la vie que de la mort.

Hanna sécha rapidement ses larmes et quitta la plage avant que le soleil ne disparaisse entièrement. Elle avait envie de parler à une amie de longue date. Elle souhaitait parler à celle qu’elle considérait comme sa sœur. Elle voulait voir Riley.

Hanna récupéra sa voiture et roula jusqu’à la grande maison où vivait Riley, sur la Harley Vincent Drive. C’était une grande maison où un puits décoratif ornait le jardin face à la façade. Hanna se gara sur le trottoir d’en face et parcouru les quelques mètres qui la séparait de la grande porte de couleur bleue marine. L’adolescente esquissa un sourire lorsqu’elle entendit l’aboiement du chien de son amie de l’autre côté de la porte.

Elle patienta plusieurs minutes sans savoir pourquoi avant de se décider à appuyer sur la sonnette d’entrée. A peine la cloche vibra, que la porte s’ouvrit à la volée. Hanna croisa le regard surpris de Riley qui tenait son labrador beige par une laisse.

— Hanna ? s’étonna Riley.

Le chien de Riley tira sur la laisse, entraînant sa propriétaire avec elle. Riley referma la porte d’entrée et contourna Hanna par la même occasion.

— Zoé, attends ! s’écria-t-elle à l’adresse du labrador.

— Bonsoir, murmura timidement Hanna.

— Tout va bien ?

Hanna observa son amie en silence avant d’observer le chien impatient d’être promené.

— Est-ce que je peux venir promener Zoé avec toi ?

— Oui, bien sûr.

La réponse de Riley fut accentuée par un hochement de tête. Elle restait étonnée de cette requête lorsqu’elle commença à marcher, son labrador la devançant de plusieurs pas.

— Est-ce que ça va, Hanna ? questionna Riley après plusieurs minutes de silence.

— Je… je… je pense qu’il faut toujours trouver le moyen de pardonner aux personnes qu’on aime. Et je t’aime, malgré tout.

Riley ferma brièvement les yeux afin d’empêcher ses larmes de coulées le long de ses joues roses. Elle observa Zoé s’arrêter au coin d’un arbre avant de reporter son attention vers Hanna.

— On s’est disputé avec Theo, expliqua soudainement Hanna.

— Ah ?

— Enfin, pas vraiment. On ne s’est pas crié dessus. Peut-être que j’aurais préféré. Il vit quelque chose de perturbant et il m’a rejeté. Je ne sais pas quoi faire et j’avais besoin d’une oreille amicale.

— Parle-lui. Dis-lui ce que tu ressens, conseilla Riley avec un faible sourire.

Hanna esquissa un sourire en retour avant de reprendre la promenade du labrador. Les deux adolescents restèrent encore plusieurs minutes silencieuses avant que Hanna ne rompe le silence.

— Et toi, avec Caleb ?

— Il essaye de me récupéré, soupira Riley. Mais je ne suis pas sûre de pouvoir lui donner une seconde chance.

— Est-ce que tu l’aimes ?

— Je pense que oui.

— Alors, tu n’as qu’une question à te poser.

— Laquelle ? demanda Riley.

— Est-ce qu’il vaut la peine de trouver un moyen d’arranger les choses.

Riley esquissa un faible sourire avant d’attraper doucement la main de son amie.

— Tu me manques, Hanna.

— Tu me manques aussi.

Theo jeta le dernier morceau de verre dans un grand sac poubelle lorsqu’il entendit la porte d’entrée s’ouvrir puis se refermer presque aussitôt.

— Mon cœur, je suis rentré ! lui indiqua Jennifer.

Theo referma le sac poubelle en s’avançant vers l’entrée où il aperçu sa mère accroché sa veste sur le porte-manteau. Jennifer se retourna et lui adressa un grand sourire avant qu’il ne se dissipe en remarquant le sac que tenait Theo dans ses mains. Elle arqua un sourcil en relevant ses yeux vers celui de son fils.

— Je suis désolée, dit-il.

— Pourquoi ? Que s’est-il passé ?

Les yeux de Theo s’humidifièrent alors qu’il laissa lourdement tombé le sac poubelle à ses pieds, faisant retentir le bruit des verres brisés. Elle s’avança dans le salon et aperçu que les cadres photos et les vases n’étaient plus là.

— Il est revenu, cracha Theo. Mon… père. Il a osé revenir. Je l’ai trouvé assis sur notre canapé !

— Quoi ? Comment a-t-il fait pour entrer ?

— Il a trouvé le double des clés sous le tapis devant la porte…

— Quelle idiote ! grimaça Jennifer.

Jennifer s’approcha de son fils. Elle entoura son visage humidifié par les larmes de ses deux mains avant de le serrer dans ses bras.

— Je suis tellement désolée. C’est de ma faute.

— Non, rétorqua l’adolescent en secouant la tête.

— Si, ça l’est. Je vais faire mon possible pour qu’il ne s’approche plus de toi, d’accord ?

— Mais maman ? Et s’il utilise ce qu’il a sur moi ?

— Je te le promets, Theo. Je ne vais pas lui laisser le temps de l’envisager à un seul instant !

Jennifer se détacha de son fils. Elle avait employé un ton dur, qui fit frissonner l’adolescent. Theo hocha légèrement la tête avant de récupérer le sac poubelle et de sortir de l’appartement. Il jeta le sac en plastique dans la benne à ordure avant de relever ses yeux vers le ciel qui avait prit une couleur rose-orangé. Theo observa le coucher du soleil à moitié masqué par les grands bâtiments, puis il remonta dans l’appartement où il entendit sa mère raccroché d’un appel téléphonique dont il ne perçu aucuns mots.

— Tu veux manger quoi ? questionna Jennifer avant de bailler.

— Tu es fatiguée, remarqua-t-il. Laisse-moi préparer le repas pendant que tu te reposes un peu. D’accord ?

— D’accord, concéda-t-elle sans broncher.

Jennifer lui adressa un léger sourire avant de s’enfermer dans sa chambre. Theo observa le téléphone de sa mère laisser poser sur la table basse du salon. Il songea un instant à regarder l’histoire des appels, puis oublia cette idée. Il ne voulait pas fouiller dans la vie de sa mère et imagina que l’appel ne concernait pas son géniteur.

Theo pensa à Hanna en préparant le repas. Il se rappela de leur soirée Saint-Valentin et son cœur rata un battement. Il s’en voulait de s’être montré si froid avec elle. Il ne cessait de penser à la façon dont il voulait lui expliquer la raison de son départ précipité, mais il savait que cette vérité la détruirait. Peut-être était-ce égoïste de sa part, mais il ne voulait pas que Hanna le laisse seul. Theo voulait simplement trouver un moyen d’attraper sa délicate main et ne plus jamais à devoir la lâchée.

Ses yeux s’humidifièrent une nouvelle fois lorsque les souvenirs de son enfance remontèrent à la surface. Il se rappelait du rire de Hanna, du sourire de sa mère, du regard de son père. Son passé était encore bien trop présent dans sa vie et il ne trouvait aucun moyen d’aller de l’avant. Tourner la page ou carrément commencer un nouveau livre. Theo était continuellement bloqué dans un passé qui l’empêcherait d’obtenir un avenir prometteur.

Le bruit du poêle le fit revenir à la réalité. Il remarqua les deux morceaux de poisson grillé sur le feu avant qu’il ne le coupe et les fassent glisser sur deux assiettes. Il annonça à sa mère que le diner était prêt et s’installèrent ensemble autour de la petite table.

— Maman ? l’apostropha Theo en terminant son repas.

— Oui, mon cœur ?

— Je ne t’ai jamais posé la question…

Theo essuya le coin de sa bouche à l’aide d’une serviette en papier qu’il chiffonna entre ses mains avant de la laisser retombé sur son assiette vide.

— Est-ce que tu m’en veux ?

— A quel propos ? interrogea Jennifer en fronçant les sourcils.

— A propos de mon départ. Est-ce que tu m’en veux d’être parti sans t’avoir dit au revoir en face à face ?

Jennifer regarda longuement son fils sans oser prononcer le moindre mot. Sa bouche s’ouvrait de temps à autre, mais se refermait tout aussi tôt. Elle prit une courte respiration avant de se lever. Elle récupéra les couverts sales qu’elle plaça dans l’évier avant de s’emparer d’une éponge et d’un savon.

— Maman ? insista Theo.

Elle l’entendit se lever et se placer juste derrière son dos. Jennifer resta les yeux baissés sur la vaisselle qu’elle nettoyait comme si elle était passionnée par cette tâche.

— S’il te plait, maman. Répond-moi.

La voix de Theo se brisa alors que ses lèvres s’humidifièrent de larmes qui s’y écrasaient. Jennifer sursauta lorsqu’elle sentit la main de son fils se poser sur son épaule.

— Tu m’en veux, n’est-ce pas ? demanda-t-il en retirant sa main.

— Je t’aime, Theo. Quoique tu fasses, je t’aimerai toujours.

— Mais tu m’en veux, rajouta-t-il.

Jennifer ne répondit pas. Elle aperçu son fils unique tourner les talons et claquer la porte de sa chambre derrière lui.

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5 réflexions sur “💋 Chapitre 39

  1. histoirescecile13 dit :

    Un chapitre très émouvant…. Je pense que la mère de Théo doit lui en vouloir un peu…Un départ précipité ne peut être vraiment accepté surtout lorsqu’il s’agit de sa famille et qu’on ne les prévienne pas avant de les quitter…Pauvre Théo ! C’est pas facile tout ça pour lui…Son bien être c’est Hanna ! Pourvu que leur amour l’un envers l’autre survive toujours ! J’ai adoré ma soirée lecture…Je vais en garder encore un peu juste pour le plaisir de durer…tellement ton histoire est captivante !…bonne fin de soirée Alessandra ! 😗😍😗😘 énormes bisous !

    Aimé par 1 personne

    • Alessandra dit :

      En effet, elle lui en veut d’une certaine manière. Et d’une autre, elle aime son fils plus que tout et accepte son départ, ses mauvais choix. Et c’est là aussi qu’on voit qu’on peut pardonner quand le véritable amour est présent 🙂 En sera-t-il de même pour Hanna ? Oui, elle l’aime, mais l’amour peut-il vraiment tout résoudre ?
      Merci beaucoup d’avoir passé ta soirée à lire cette histoire qui est mon premier « bébé » ♥ Tes commentaires m’ont fait chaud au coeur, je t’en remercie énormément ! ♥
      Bonne soirée ma Cécilou ♥ Gros bisous 💋

      Aimé par 1 personne

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