💋 Chapitre 41

Chapitre 41

Theo s’était rendu chez Hanna dès le lendemain matin. Il n’en avait qu’à faire de rater ses cours. Il ne voulait voir que le doux visage de Hanna. Il avait besoin d’entendre le son de sa voix, plonger son regard dans ses yeux d’une beauté indescriptible. Il ne voulait que Hanna. C’était elle, toujours elle, seulement elle.

Theo n’avait pas réfléchit en sautant dans sa voiture. Il avait parcouru les kilomètres le séparant de la maison de sa petite amie. Il savait qu’à cette heure, elle prendrait seulement sa douche. Il avait encore le temps de la voir avant son départ pour le lycée.

Theo s’arrêta en faisant grincer ses pneus sur la route devant la maison de Hanna. Il sortit avec hâte du véhicule et croisa Emma qui partait travailler. Elle ne posa aucune question et lui laissa la porte ouverte pendant qu’elle installait Alexis sur le siège arrière. Elle avait bien remarqué la tristesse ancrée sur le visage de sa nièce et devina facilement que Theo en était la cause. Une dispute de couple, se dit-elle sans penser un seul instant que quelque chose de beaucoup plus gros se cachait derrière.

Theo grimpa les marches de l’escalier en courant. Il manqua de tomber à la dernière marche avant de se diriger vers la porte de la chambre de Hanna. Il l’entendait refermer sa garde-robe en sifflotant l’air de la musique diffusée à la radio allumée sur son bureau.

Il esquissa un sourire avant de lever le poing et de tapoter légèrement contre la porte en bois peinturée d’une couleur taupe.

— Emma ? Tu n’es pas encore partie ? Entre.

Theo tourna doucement la poignée. Il entrouvrit la porte avant de s’engouffrer dans la chambre. Hanna lui tournait le dos en enfilant ses chaussures assise sur son lit. Theo resta silencieux un moment puis referma la porte derrière son dos, ce qui attira l’attention de la jeune fille.

— Qu’est-ce qu’il se pa…

Hanna se stoppa nette en croisant le regard de Theo. Elle se releva doucement, les sourcils froncés en s’approchant avec hâte de l’adolescent. Elle croisa les bras sur sa poitrine avant de se jeter dans les bras de Theo, ses bras autour de son cou. Hanna déposa ses lèvres contre les siennes. Elle prolongea le baiser le plus longtemps possible, comme un baiser de retrouvailles après des années.

— Je suis désolé, murmura-t-il.

Hanna secoua négativement la tête. Elle enfuit son visage au creux de son cou avant de l’attirer sur le grand lit. Theo se coucha sur les cuisses de Hanna alors qu’elle lui caressait doucement les cheveux. Seule la musique de la radio brisait un silence installé depuis quelques minutes.

— Je suis désolé, répéta-t-il.

— Je voudrais juste que tu n’oublies pas que je suis là pour toi.

— Je le sais, affirma-t-il vivement.

Theo se redressa et attira Hanna contre son torse. Il se coucha avec les cheveux châtains de la jeune fille lui chatouillant le menton.

— Le retour de mon père en ville m’a vraiment chamboulé. Il était carrément chez moi. Il a trouvé le double des clés et s’est permis d’entré comme s’il était chez lui. Et il était avec Sara.

Hanna releva brusquement son visage, cognant le haut de son crâne sur le menton de Theo. Elle fronça les sourcils.

— Sara Donovan ?

— Il pensait que c’était ma copine.

— Comment ça se fait ?

— Je ne sais pas, soupira Theo. Je n’ai pas cherché à comprendre. Je voulais juste qu’il parte. Je voulais qu’ils partent tous les deux.

— Tu sais… commença Hanna.

L’adolescente se redressa entièrement afin de pouvoir s’asseoir sur son lit. Theo l’imita en baissant les yeux avant de les relever vers Hanna.

— J’ai toujours été présente pour toi, Theo. Sans doute plus que tu ne l’as été pour moi… rit-elle nerveusement. Et je devrais tellement t’en vouloir pour la douleur que tu m’as causée en partant parce que j’avais énormément besoin de toi.

Hanna marqua une pause. Elle attrapa doucement la main de Theo et la serra dans la sienne. La chaleur de leurs mains liées leur réchauffa le cœur.

— Je t’aime, Theo. Et j’ai cette mauvaise impression que tu doutes de mon amour pour toi. J’ai l’impression que… que notre relation te fait peur.

Theo poussa un profond soupir. Etais-ce le moment propice à révéler son secret à Hanna ? Elle avait ce regard si triste. Il ne pouvait pas la briser. Pas encore une fois.

— Je n’ai pas peur de notre relation, j’ai peur que ce qu’elle donnera quand…

Theo s’arrêta. Il ne pouvait pas lui dire tout maintenant. Pas aujourd’hui, pas à cet instant. Il ne souhaitait ne jamais lui révéler son sombre secret. Mais cela n’était pas possible et il le savait, bien malgré lui.

— Quand quoi ?

— Je t’aime, Hanna.

— Ca ne répond pas à ma question, dit-elle en lâchant sa main.

— Non, mais j’aimerais que tu n’oublies pas ça quand la réponse à ta question viendra à toi.

— Pourquoi ne veux-tu tout simplement pas m’expliquer les choses ?

— Parce que je suis égoïste. Je sais que tu m’en voudras et je ne veux pas te perdre.

Hanna renifla en baissant les yeux. Elle ne savait pas quoi penser, ni quoi faire. Elle resta assise face à Theo sans bouger. Seul le rythme de leur respiration mélangé aux voix des journalistes radiophoniques brisaient le silence installé entre eux.

— Je suis désolé, dit Theo.

— Ouais, mais tu vois… Ca ne change pas grand-chose dans notre situation, rétorqua-t-elle en relevant les yeux.

— Je sais…

— Est-ce que ça a un rapport avec Sara ?

— Non. Pourquoi ? s’étonna-t-il.

— Tu m’as dit qu’elle avait rencontré ton père et qu’il pensait que vous étiez ensemble. Est-ce qu’il y a eu quelque chose entre vous ? Est-ce que tu… m’as trompé ?

— Bien sûr que non ! s’écria Theo.

— Alors, arrête de me rejeter. Je t’aime, Theo. Pourquoi tu dois rendre notre amour compliqué ? Laisse ton père là où il est. Laisse le reste du monde en dehors de notre petite bulle. Je t’aime et je ne veux te perdre pour rien au monde ! Alors, accepte l’amour que je te donne et rend-le moi. C’est tout ce que je te demande !

Hanna se mit à pleurer. Elle se leva d’un bond et se plaça devant sa fenêtre. Elle observa son jardin, les bras croisé contre sa poitrine. Elle prenait de grandes inspirations comme si l’air lui manquait.

Le lit grinça lorsque Theo se leva à son tour. Il s’approcha doucement de Hanna et entoura son corps de ses bras. Ses lèvres se plaquèrent dans sa nuque, ce qui fit à la fois sursauter et frissonner la jeune fille.

— Je t’aime, murmura-t-il.

— Dis-le encore.

— Je t’aime, répéta-t-il.

Hanna se retourna brusquement. Elle entoura le cou de Theo et colla son front contre le sien en fermant les yeux.

— Je suis amoureux de toi, Hanna.

— Je suis amoureuse de toi, Theo.

Hanna releva doucement les yeux. Elle se mordilla la lèvre inférieure avant de déposer doucement ses lèvres contre celles de Theo. Leur baiser était humide des larmes qui venaient de coulées le long des joues de la jeune fille.

— Quelle heure est-il ? demanda-t-elle soudainement.

Hanna se détacha doucement de Theo et regarda l’heure qu’indiquait son réveil.

— Tu veux te rendre au lycée ? demanda Theo.

— Non, avoua-t-elle. Mais j’ai cours de sport et tu sais comment est ma prof quand elle a des absences injustifiées.

— Je comprends, sourit-il doucement.

— On se voit ce soir ? proposa Hanna.

— Tu veux qu’on aille manger à l’extérieur ?

— Pourquoi pas.

— D’accord, alors on fera ça.

Hanna hocha la tête avant d’embrasser une nouvelle fois Theo. Elle attrapa doucement sa main et quitta sa chambre. Les deux adolescents sortirent de la maison main dans la main et se rendirent au lycée.

La journée de Hanna et de Theo parut longue avant leurs retrouvailles du soir. Theo passa chercher la jeune fille chez elle. Il n’avait qu’une hâte : la retrouver et qu’ils soient ensemble. Il aurait aimé l’être pour l’éternité.

— Tu es magnifique, complimenta-t-il.

Hanna referma la porte d’entrée derrière elle avant d’embrasser Theo. Elle s’avança vers la portière du côté passager en attendant que Theo ne déverrouille sa voiture.

— On ne prend pas la voiture, annonça-t-il en souriant.

— Pourquoi ?

— Parce que je préfère marcher en profitant de la chaleur.

Hanna frissonna en grimaçant, ce qui fit rire Theo. Il attrapa la main de la jeune fille puis l’embrassa délicatement.

— Tu m’emmènes où ? demanda-t-elle après plusieurs minutes de marche.

— Au restaurant.

— Oui, mais lequel ?

— Tu verras, sourit-il malicieusement.

Theo poussa un soupir agacé avant d’émettre un léger rire. Elle resserra l’étreinte de la main de Theo sur la sienne. Theo était son premier amour et elle espérait qu’il soit aussi son dernier. C’était idiot et elle le savait. Le premier n’est jamais le dernier. Le premier est toujours celui qui nous détruit d’une certaine façon et qui fait de nous la personne que nous deviendrons. Le premier amour est celui qui nous construit, celui qui change toute notre destinée, celui qui change toute notre vie.

— Tu penses à quoi ? interrogea Theo en s’arrêtant à un feu rouge.

— A toi. Je pensais que tu étais mon premier amour.

— Tu es aussi le mien, sourit-il.

Ils traversèrent la route lorsque le feu passa au vert. Hanna s’arrêta, ce qui étonna Theo qui se retourna vers elle avec les sourcils froncés.

— Tout va bien ? demanda-t-il.

— Je t’aime tellement.

— Je t’aime tellement, moi aussi. Je t’aime plus que tu ne pourrais jamais l’imaginé, plus que ce que je ne pourrai jamais te le prouver.

— Embrasse-moi.

— Tu n’as pas besoin de me le demander, sourit-il.

Theo déposa doucement ses lèvres contre celles de Hanna.

— Non, j’ai dit : embrasse-moi.

Theo lui adressa un grand sourire avant de s’approcher doucement de son visage. Son souffle chaud fit frissonner Hanna qui ferma les yeux. Il déposa un premier baiser sur son cou avant de remonter doucement jusqu’au creux de son visage. Hanna pouvait le sentir sourire contre sa peur. Leurs lèvres se touchèrent doucement avant de se scellées.

Theo avait finalement l’impression d’avoir trouvé la pièce manque de son puzzle. Il voyait en Hanna la personne qui le complétait parfaitement et qui faisait de lui un être vivant à part entière. Quelqu’un avec des sentiments et une humanité qu’il pensait avoir totalement perdue. Hanna était celle qu’il aimait le plus au monde, celle qui ferait de lui celui qu’il deviendra dans le futur.

Cette pensée lui arracha une vive douleur dans le cœur. Une douleur qu’il ne pourrait jamais anesthésiée et qu’il ne pourrait jamais oublier.

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